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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 23:24

source : http://www.marcmaison.fr/

 

Les Halles de Paris par Victor Baltard

 

Le métal commence à être utilisé dans l’architecture et le génie civil dès la fin du XVIIIème siècle et son essor se produit en même temps que celui de la Révolution industrielle, qui permet la production et la commercialisation du fer et de la fonte. Les formes et la pratique de l’architecture en seront profondément transformées.

 

En France, l’un des premiers exemples est celui de la Halle au blé dont la coupole fut détruite par un incendie en 1802 et dont la reconstruction fut confiée à l’architecte François-Joseph Bélanger et à l’ingénieur François Brunet. En 1811, une nouvelle coupole coiffe la Halle au blé, réalisée en fer et couverte de feuilles de cuivre, qui seront remplacées en 1838 par des vitres. L’emploi de tels matériaux en faisait un ouvrage d’avant-garde, bien que Victor Hugo y fût insensible et la qualifiât de « casquette de jockey ». Fermée en 1873, le bâtiment fut attribué à la Chambre de commerce en 1885 qui le transforma en Bourse de commerce par l’architecte Henri Blondel qui recouvrit l’ensemble du bâtiment en pierre. Le premier pont métallique de Paris construit entre 1801 et 1804, du au premier consul Napoléon Bonaparte, est le Pont des Arts qui remporta davantage de succès.

 

D’abord employé en renfort des structures en pierre, l’architecture métallique est utilisée pour les halles, les gares, les passages couverts, les grands pavillons des Expositions universelles et tous bâtiments de transit.

Sur ordre de Napoléon III, l’architecte Victor Baltard imagine au centre de Paris des halles pour faciliter le commerce : douze pavillons bâtis dans de nouveaux matériaux, le fer, la fonte et le verre, seront élevés de 1850 à 1870.

C’est pour l’Exposition universelle de 1851 à Londres que Joseph Paxton réalise une serre gigantesque de 3 800 tonnes de fonte et 700 tonnes de fer, le Crystal Palace. La clarté, les surfaces modulaire et industrielle font école. Des répliques fleurissent dans le monde, et la galerie des Machines de l’Exposition parisienne de 1889 lui fait écho : œuvre de l’architecte Ferdinand Dutert et de l’ingénieur Victor Contamin, cette construction métallique obtient alors le record mondial de la portée de voûte (420m de long, 115m de large et 45m de haut). La tour Eiffel est construite lors de cette même Exposition mais ce n’est qu’un relatif triomphe de l’esthétique du fer.

Il n’est pas encore admis dans les mœurs que le métal s’érige en façade, à l’exemple des Grand et Petit Palais dont la verrière et les structures métalliques sont cachées derrière une façade et des parements de pierre sans rôle structurel mais jugés plus nobles.

La fonte se moule très facilement et se plie aux exigences stylistiques les plus diverses. Pierre Vignon choisit ce matériau pour la couverture de l’église de la Madeleine à Paris, bâtiment strictement néoclassique (1807-1845). La finesse des colonnes en fonte et la grande plasticité de ce matériau offrent de nouvelles possibilités techniques ainsi qu’une esthétique propre et novatrice. Henri Labrouste emploie la fonte moulée, ornée de motifs stylisés, pour la haute et légère couverture de la bibliothèque Sainte-Geneviève à Paris (1842-1850). Il récidive entre 1859 et 1868 en construisant une salle de lecture pour la Bibliothèque nationale conçue suivant un plan d’inspiration basilicale divisé en trois nefs bénéficiant d’un éclairage zénithal.

 

En Europe, l’Art nouveau mettra l’utilisation du fer et de la fonte à l’honneur.

A la fin du XIXème siècle, aux Etats-Unis, l’Ecole de Chicago menée par Louis Sullivan, élabore des formes architecturales autonomes grâce au fer, donnant ainsi naissance au gratte-ciel.

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