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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 23:16

De l’influence française sur l’esprit public en Roumanie. Les origines. Etude sur l'état de la société roumaine à l'époque des règnes phanariotes, I vol. in-8 de XI. 436 p. Paris (Ernest Leroux) 1898

 

 


COMPTE-RENDU CRITIQUE (Ph. Sagnac, Revue d'histoire moderne et contemporaine (1899-1914), Vol. 1, No. 5 (1899/1900), pp. 512-516) (source : JSTOR)

 

"M. Eliade, professeur à l'Université de Bucarest, a entrepris une historie contemporaine de la Roumanie où il se propose de mettre en lumière l'influence de la France sur la régénération de ce pays. L'oeuvre se composera de trois ou quatre volumes" [...]

 


De L’influence Française Sur L’esprit Public En Roumanie (source)
by Pompiliu Eliade

INTRODUCTION

            L’exemple d’influence, que nous nous proposons d’étudier ici, présente des caractères bien particuliers. Il faut bannir de son esprit, pour le bien comprendre, le souvenir de tout autre fait historique que l’on serait tenté de juger analogue. Le mot d’ “influencé” éveille dans l’esprit l’idée de deux peuples formés, ayant chacun sa manière d’être, que l’influence modifie, améliore, mais ne détruit jamais. On se représente une civilisation sur laquelle une nouvelle civilisation vient, pour ainsi dire, se greffer; on songe tout de suite aux grands hommes qui ont porté ou qui ont subi l’influence. C’est ainsi que l’on parle de l’influence de la civilisation grecque sur la civilisation romaine, de la Renaissance italienne sur la France du XVIe siècle, des grandes civilisations européennes actuelles les unes sur les autres. Il en est autrement pour l’influence française en Roumanie. Par ces mots il faut entendre l’action exercée par un grand peuple civilisé sur deux petites provinces qui n’existaient point auparavant pour la civilisation et qui, soumises depuis des siècles au Grand Turc, n’existaient guère pour l’histoire. C’est cette influence qui les a fait, pour ainsi dire, venir au monde pour la civilisation et pour l’histoire. En l’étudiant, ce n’est pas à la renaissance d’un peuple qu’on assiste, mais à sa naissance. L’intérêt psychologique l’emporte ici de beaucoup sur l’intérêt historique proprement dit. L’homme y est infiniment plus intéressant que les événements. On a le spectacle de l’âme humaine se formant peu à peu à la civilisation: ce n’est point la transition d’une forme de l’intelligence humaine à une autre forme de l’intelligence humaine, mais bien de la vie instinctive, presque inconsciente de l’esprit, à la vie de l’intelligence; – ce n’est point la lutte de deux formes d’activité, mais bien de l’inertie et de l’activité; – il ne s’agit point du passage d’une conception de la vie morale à une autre, mais bien de l’état de nature à la moralité. Bref, c’est la barbarie remplacée par la civilisation, et non pas, comme d’ordinaire en histoire, une civilisation enrichie par une autre.

            On pourrait se faire une idée vague de cette influence, en la rapprochant de celle qu’exerça jadis la civilisation romaine sur les peuples de la Gaule. Mais il ne s’agit point ici de l’influence d’un peuple vainqueur sur un peuple vaincu, c’est par le développement des idées de liberté, de patrie, que la France a pu exercer une action dans les Principautés danubiennes; le plus grand effet de cette action, ç’a été, dans ce “siècle des nationalités”, la constitution de la patrie roumaine. Ainsi le peuple roumain gagna, au lieu de perdre, comme le peuple gaulois, sous le coup de l’influence subie, une personnalité politique. – Comme conséquence naturelle de ce fait, il devait aspirer bientôt à une manière d’être, à une civilisation qui lui fussent propres. Tandis que nous assistons, en Gaule, à la disparition de l’ancienne civilisation gauloise et, sur bien des points, de l’ancien esprit gaulois, nous voyons, au contraire, en Roumanie, l’influence française provoquer l’éclosion des germes latents de l’esprit roumain. C’est le développement de l’esprit libéral, dû à cette seule influence, qui en opérant le rapprochement des classes, a fait connaître l’esprit du peuple, sa langue, ses besoins, et a permis ainsi la naissance d’une civilisation roumaine originale. Cette civilisation est loin d’être formée entièrement à l’heure actuelle; on est encore à se demander si la Roumanie est autre chose qu’une petite France en Orient, si l’âme roumaine a pris pleinement possession d’elle-même. Pourtant, avec un peu d’attention, on pourrait en voir poindre quelques traits distinctifs. Une analyse plus serrée permettrait de conjecturer ce que seront un jour l’esprit et la civilisation roumaine; on est même en droit d’affirmer que le jour n’est pas loin où l’on pourra distinguer ce qui est du pays et ce qui est un reste d’influence française. Il semble que le moment soit vraiment venu d’étudier de près l’influence française. Pour chaque fait historique, il est peut-être un moment, un seul, où il soit possible de se prononcer sur ce qui s’est passé, avec impartialité et en toute connaissance de cause: c’est le moment où l’on n’est ni trop près ni trop loin du sujet de son étude; où l’on entend pour ainsi dire encore le bruit des armes, sans voir les combattants. La génération qui nous précède ne pouvait guère distinguer les traits caractéristiques de l’esprit roumain ni juger impartialement de l’influence française; la génération qui nous suivra sera en présence de l’esprit roumain tout formé et ne pourra plus peindre sur le vif une influence qui aura cessé de se faire pleinement sentir.

Le fait certain, c’est que cette influence est à l’origine de la nouvelle civilisation. Plus nous songeons à ce phénomène, plus il nous est difficile de lui trouver son analogue en histoire: un peuple civilisé aidant un peuple arriéré à arriver à la vie historique et à se former une civilisation originale.

 

Créatrice, et non rénovatrice, l’influence française en Roumanie a encore ce caractère particulier qu’elle est lointaine et reste longtemps inconsciente. Qu’on parle de l’influence grecque à Rome, de la renaissance italienne, de l’influence française en Allemagne et en Angleterre, et de celle de ces deux peuples en France, de nos jours, il s’agit toujours de deux peuples voisins, que contribuaient à rapprocher des relations intellectuelles, politiques, commerciales ou autres. L’influence d’un peuple sur un autre peuple est, dans ces conditions, un fait tout naturel, elle s’exerce lentement, peu à peu, d’une manière presque imperceptible, et il faut un oeil exercé pour en constater les progrès. Dans le cas que nous étudions, les deux peuples ne sont nullement voisins: trois États les séparent, la Suisse, l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie. On met encore aujourd’hui trois ou quatre jours pour franchir, à toute vitesse, la distance qui sépare Bucarest ou Jassy de la capitale de la France. Avant les chemins de fer, les jeunes gens “moldo-valaques” qui venaient faire leurs études à Paris mettaient un peu plus de six semaines pour y arriver en diligence. Quant aux relations fréquentes et directes, qu’on s’attendrait à voir, de bonne heure, s’établir entre la France et la Roumanie, elles n’existent guère que depuis une cinquantaine d’années. Ce n’est que vers 1848 que la France officielle et une partie du public français commencèrent à éprouver le besoin d’être renseignés sur les provinces danubiennes, qu’ils commencèrent à s’intéresser à leur sort. Il y a, même à l’heure actuelle, bien des Français, même parmi les plus instruits, qui n’ont que de très vagues notions sur la situation “en Orient” du royaume de Roumanie, qui vous demandent si la langue qu’on y parle est le grec ou le russe, et “quelle différence il y entre la Roumanie, la Valachie et la Bulgarie”. On ne saurait leur en vouloir, car, en somme, peut-être, les peuples, comme les individus, ne sont-ils connus que dans la limite où ils se font connaître. Nous voulons seulement constater un trait caractéristique de l’influence française en Roumanie: c’est une influence exercée de loin et presque inconsciemment de la part d’un peuple sur un autre peuple. Il était réservé à la France d’éclairer, d’échauffer, de ramener à la vie, sans s’en douter, par les raisons de sa civilisation, un peuple de même race qu’elle qui se mourait dans la barbarie et la souffrance, tout à l’orient de l’Europe.

Il y a plus: le peuple roumain lui-même n’a eu que des notions très incertaines, très vagues sur le peuple français, alors que l’influence française s’introduisait sous toutes les formes chez lui. On pourrait diviser l’histoire de l’influence française en Roumanie, qui dure depuis bientôt cent cinquante ans, en trois périodes bien distinctes et à peu près égales, chacune d’environ un demi-siècle: c’est seulement pendant la troisième (depuis 1848) que les Français et les Roumains se connaissent, que l’influence est consciemment exercée par les uns et subie par les autres; pendant la deuxième période (de 1804, date de l’établissement de l’Empire français, à 1848), les Roumains seuls sont conscients de l’influence dont ils profitent; enfin pendant la première période (du milieu du XVIII siècle jusqu’en 1804), ni les Roumains, ni les Français ne se connaissent les uns les autres: les Roumains apprennent le français, accueillent chez eux les manières françaises, les idées et les formes extérieures de la civilisation française, grâce au contact des Grecs et des Russes, qui subissaient plus directement l’influence de cette civilisation. C’est ce qui fait précisément l’intérêt psychologique de cette évolution; voir un peuple d’une civilisation encore dans l’enfance, subir pendant longtemps, malgré son éloignement de la France, l’influence de ce pays et cela par l’intermédiaire d’autres peuples, aussi orientaux et presque aussi arriérés que lui.

On entrevoit, dès maintenant, les formes curieuses que l’influence française va prendre dans les anciennes “provinces danubiennes”. Nous aurons à en signaler bien des particularités qui semblent tenir du merveilleux.

 

Un troisième trait achève de caractériser l’influence française en Roumanie. D’ordinaire, l’action exercée par un peuple sur un autre peuple est en quelque sorte partielle: on se demande en quoi elle a consisté, sur quelles manifestations de l’esprit elle s’est particulièrement exercée. Peut-être le lecteur lui-même s’attend-il à voir traiter ici de l’influence de la langue ou de la littérature françaises en Roumanie, ou encore de l’introduction des doctrines sociales françaises. Il s’agit de cela, mais il s’agit de bien d’autres choses encore. Rarement action d’un peuple sur un autre, fut plus complète, plus envahissante, plus enveloppante que l’influence française en Roumanie. Le peuple français a semé des idées et des tendances chez la plupart des peuples de l’Europe; il les nourrit presque tous, depuis bientôt trois cents ans, de ses productions littéraires; il n’y a presque pas un seul coin de l’Europe où la civilisation française n’ait introduit quelque amélioration, n’ait fait naître quelque aspiration nouvelle, ne se soit révélée d’une manière ou d’une autre. Mais nous osons affirmer que c’est dans les provinces danubiennes que cette influence s’est fait le plus sentir et a le plus profondément changé l’ancien état des choses. Elle a façonné pour un temps assez long la pensée et la sensibilité roumaines. On la reconnaît dans toutes les manifestations de l’esprit roumain, en politique aussi bien qu’en législation, dans la littérature aussi bien que dans la conception administrative ou dans la vie sociale. L’enseignement lui-même qui, par suite de circonstances particulières, est resté l’institution la moins sujette à cette action, s’est imprégné d’idées françaises, et on verra avec étonnement qu’au cours de ce siècle, l’enseignement français a failli à plusieurs reprises être importé de toutes pièces en Roumanie, et évincer totalement l’enseignement indigène. – Ce n’est donc pas d’une influence sur telle ou telle manifestation de l’esprit que nous entendons traiter dans cet ouvrage, mais de l’influence française sur l’ensemble des manifestations de l’esprit roumain. C’est, comme notre titre l’indique: “De l’Influence française sur l’esprit public en Roumanie”. Encore l’expression d’”esprit public” a-t-elle deux sens: elle peut signifier l’opinion qui se forme dans la majorité d’un peuple, sur les objets d’intérêt général, et aussi l’ensemble des opinions et des sentiments communs à un peuple. C’est dans cette dernière acception, la plus générale, qui embrasse en même temps la première, que nous prenons ici l’expression d’”esprit public”.

On nous demandera peut-être si cette influence si extensive n’a pas été, comme en Russie par exemple, d’autant plus superficielle; si, embrassant toutes les manifestations de l’esprit public, elle s’est étendue en même temps à toutes les classes de la société roumaine, si elle n’est pas restée, comme il arrive généralement de toute influence étrangère, essentiellement aristocratique? Nous aurons l’occasion de voir que l’influence française en Roumanie a été, en fait, souvent bien superficielle. Mais il ne faut pas oublier que les Principautés roumaines n’existaient pas comme vie historique ni comme vie intellectuelle avant le fait providentiel de l’influence française. Nous sommes loin du cas d’un Goethe s’imprégnant de la lecture des auteurs français, d’un Voltaire revenu tout transformé de son séjour en Angleterre. Quand on connaîtra les personnages sur lesquels l’influence française était destinée d’abord à s’exercer, on verra qu’elle a été aussi profonde qu’elle pouvait l’être. Quand on verra ensuite l’évolution rapide de l’esprit roumain, le changement total des choses en Roumanie sous le coup de l’influence française, on se dira peut-être qu’elle a été plus efficace et remarquablement plus profonde qu’on n’aurait eu le droit de s’y attendre. Le tort est de songer toujours, quand on étudie une chose, à toutes les choses du monde, sauf à celle que l’on étudie. L’histoire est plutôt un art qu’une science, et son rôle est moins d’établir des analogies que de marquer des différences. Il ne faut pas comparer les individus aux individus, et les peuples aux peuples, mais les individus et les peuples à eux-mêmes, à ce qu’ils sont à différents moments de leur existence. A ce point de vue, si le Roumain d’aujourd’hui est bien moins profondément civilisé que le Français et l’Allemand, si, malgré tous ses efforts, il ne représente encore qu’un type de transition entre l’homme barbare et l’homme civilisé, – il ne faut pas oublier, d’autre part, que la distance qui sépare la barbarie de la civilisation est énorme, que le Roumain est bien plus près du type civilisé que du type barbare, et que, s’il diffère du Français et de l’Allemand, il est cent fois plus éloigné encore du Roumain d’il y a cent ans, dont on va faire la connaissance dans notre premier livre. Aucun peuple de l’Europe n’a fait plus de progrès en un espace aussi court, que le peuple roumain. Si les Français ou les Allemands d’il y a cent ou cent cinquante ans revenaient au monde, ils pourraient encore assez vite s’assimiler au milieu nouveau. Mais si les moines ou les boyards orientalisés de la fin du siècle dernier revenaient aujourd’hui parmi leurs neveux, ils apparaîtraient comme les êtres les plus incompréhensibles et les plus bizarres, et ne comprendraient rien eux-mêmes à ce qui se passe.

Quant à la question de savoir si toutes les classes de la société roumaine ont subi l’influence française, il est certain que les habitants des campagnes ont les mêmes croyances et les mêmes mœurs qu’il y a un siècle; pas plus que ceux d’il y a cent ans, ils ne se doutent de l’existence du peuple français. Mais l’introduction des idées et des sentiments nouveaux n’a-t-elle pas contribué à améliorer la condition matérielle, à relever l’état moral du paysan roumain? et est-on bien sûr que, dans son esprit et dans son cœur, il ne soit rien entré des tendances qui ont régénéré le pays, sans que du reste il en soupçonne la véritable provenance? C’est donc en réalité l’histoire complète du peuple roumain pendant la période contemporaine que nous entendons faire ici. On pourrait encore nous demander si l’influence française est la seule cause qui ait agi sur l’esprit roumain, qui ait provoqué son réveil, à qui l’on doive aujourd’hui la constitution de la patrie roumaine? En l’étudiant, n’étudie-t-on pas l’histoire roumaine à un point de vue unilatéral? Certainement, il y a eu d’autres causes, mais parmi les caractères comme providentiels de l’influence française en Roumanie, on remarque encore les deux suivants: d’abord, c’est de toutes les causes du réveil des Roumains la plus importante de beaucoup, – on pourrait dire, qu’en l’étudiant on se place à un point de vue supérieur d’où l’on découvre toute l’histoire roumaine contemporaine; – en deuxième lieu, toutes les autres causes lui sont comme subordonnées: le mouvement des Roumains transylvains, l’action intellectuelle des Grecs, le contact des Russes ont leur part dans le développement de la conscience roumaine; mais toutes ces causes n’aboutissent à un résultat qu’en se servant de l’influence française comme moyen, ou qu’en la fortifiant, tout d’abord. Elles disparaîtront bientôt entièrement de l’histoire de la civilisation roumaine. L’influence intellectuelle des Phanariotes, par exemple, ou celle des Russes, semblent du domaine d’un passé lointain, presque du domaine de la légende: toutes ces influences n’ont fait que préparer les débuts de la civilisation roumaine sous l’action de l’influence française.

Il nous est difficile de donner, au début de notre étude, un tableau de la société roumaine avant l’influence française, comme nous l’aurions désiré, et comme la logique rigoureuse semblerait l’exiger. C’est que les faits, dans leur marche capricieuse, ont parfois une logique à eux, à laquelle il faut nécessairement se plier. Si nous esquissions un tableau de la société roumaine avant l’influence française, nous serions obligés d’en retracer tout de suite un autre au moment même où cette influence commence à s’exercer, ce qui rendrait le premier tableau inutile. L’ancien état des choses ou l’”Ancien Régime”, que l’influence française a fait disparaître en Roumanie, n’apparut, en effet, avec tous ses traits caractéristiques, que précisément au début de cette influence. Le développement de l’Ancien Régime et la formation des germes du nouveau Régime sont simultanés. C’est cette période tout entière, 1750-1821, que nous allons étudier dans notre ouvrage. Le premier livre présentera un tableau rapide de la société roumaine au moment même où l’influence française commence à s’y faire sentir, d’une manière encore indistincte: l’œil libre ne la voit pas encore, elle n’est, en quelque sorte, visible qu’au microscope pour l’historien; – dans le deuxième livre, on reprendra le même tableau, en ne s’occupant que des premiers germes du Nouveau Régime, ou de l’influence française durant l’Ancien Régime: on la verra s’introduisant d’une manière presque insignifiante, n’agissant d’abord que sur la langue du pays, puis sur les manières extérieures, puis sur les idées, puis peu à peu sur l’esprit public, dont elle détruit un à un les préjugés, remplaçant une idée ou un ancien sentiment par une idée ou un sentiment nouveaux, faisant naître des rêves et des tendances jusque-là inconnus; – enfin, le troisième livre sera consacré à un examen des premiers résultats de l’influence française, au moment où les principales causes qui faisaient subsister l’Ancien Régime disparaissent.

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