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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 10:37

geremekBronislaw Geremek, ancien ministre polonais des Affaires étrangères, député européen, figure de proue du syndicat Solidarnosc, acteur majeur des événements ayant bouleversé le cours de l’histoire en Europe de l’Est lors de la chute du communisme à la fin des années 1980, il est aussi un historien médiéviste, auteur notamment de La Potence et la Pitié, l’Europe des pauvres du Moyen-Âge à nos jours (Gallimard, 1987), Les Fils de Caïn, l’image des pauvres et des vagabonds dans la littérature européenne (Flammarion, 1991), et Les Marginaux parisiens au XIe et au XVe siècle (Flammarion, 1976).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

« Il m’est difficile de décrire aujourd’hui l’émerveillement que j’ai ressenti lors de ma première rencontre avec la France « réelle ». […] J’ai donc découvert la France en 1956, Paris, ses richesses artistiques, les musées et puis aussi et surtout la richesse historiographique, la richesse de l’école historique française. […] Aujourd’hui, avec un demi-siècle de recul, je peux dire que la place unique ce dette école [des Annales] née de l’initiative des Annales me semble toujours, en fait, aussi exceptionnelle. L’école des Annales avait une grande force par son programme, par ses recherches. Un demi-siècle plus tard, on peut dire qu’elle a produit toute une bibliothèque et toute une série de travaux qui ont influencé l’histoire dans le monde entier, aussi bien en Europe qu’en Amérique et ailleurs. […] » [1]

 

« C’est la France qui a prôné la réconciliation avec l’Allemagne et c’est aussi la France qui a pensé l’intégration européenne, à travers les pères fondateurs, à travers l’œuvre de Jean Monnet. L’esprit et la pensée de des pères fondateurs de l’Union européenne sont nés en France. C’est aussi la France qui a pensé, de façon pragmatique, comment l’Europe pouvait être reconstruite pour devenir une puissance. »[2]

 

« Je crois que la chose la plus importante serait que la France retrouve son sentiment de véritable grandeur, le rôle qu’elle a joué dans l’histoire, qu’elle n’ait pas de complexes et surtout qu’elle ne base pas et qu’elle ne fonde pas ses politiques sur les complexes.[…] Je voudrais aussi que la France veuille bien trouver dans l’idée européenne, qu’elle a elle-même produite, son avenir. La France a toujours été généreuse dans l’histoire. Je crains que, maintenant, ce sentiment de complexes, de déception et d’amertume ne vienne produire un égoïsme français, et un repli sur soi. La grandeur de la France réside dans sa générosité, qu’elle proposait à toute l’humanité. Cette générosité faisait que la France n’agissait pas contres les autres, mais pour les autres, pour toute l’humanité. »[3]

 


 

[1] Regards sur la France, Editions du Seuil, 2007 p. 366-367

[2] Op. cit. p. 367

[3] Op. cit. p. 388

 

 

 

 

 

 

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Published by frenchinfluence.over-blog.fr - dans REGARDS - HOMMAGES
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