Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 17:32

source : http://www.herodote.net

 

Le 27 mars 1854, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à la Russie sur un prétexte quelque peu ridicule. C'est le début de la guerre de Crimée, inutile et meurtrière.

Pendant deux ans, des armées mal commandées s'affrontent sans résultat... Faute de mieux, elles alimentent la chronique de bons mots, remplissent les livres d'Histoire d'exploits dérisoires et les rues et ponts de Paris de noms exotiques...

Notons que c'est la première occasion pour les Anglais et les Français de combattre côte à côte après sept siècles de conflits, une occasion qui se renouvellera 60 ans plus tard avec le drame de la Grande Guerre.

Pour l'empereur Napoléon III, neveu de l'inexpiable ennemi des Anglais, la guerre de Crimée, bien que mal engagée et mal gagnée, s'avère un succès sur la scène internationale (le premier et le dernier)...

André Larané
 
Une querelle surréaliste

À l'origine du conflit, une querelle surréaliste entre l'empereur français Napoléon III et le tsar Nicolas Ier. Chacun veut assurer en exclusivité la protection des Lieux Saints de Jérusalem, partie intégrante de l'empire turc.

Comme le sultan d'Istamboul semble donner la préférence aux catholiques représentés par Napoléon III, le tsar Nicolas 1er propose à l'Angleterre de se partager l'empire turc en déliquescence («L'homme malade de l'Europe», selon le mot du diplomate russe Alexandre Gortchakov). L'Angleterre refuse par crainte que la Russie n'acquière trop d'influence en Méditerranée et en Orient.

Dépité, le tsar attaque et détruit de son propre chef la flotte turque de la mer Noire. Il envahit aussi les provinces roumaines de l'empire turc. Il profite de l'occasion pour combattre les tribus insoumises du Caucase, en particulier les Tchétchènes regroupés autour du prince (ou imam) Chamyl.

L'empereur des Français, qui avait proclamé à son avènement : «L'Empire, c'est la paix !», est poussé à la guerre par sa jeune épouse, la belle Eugénie de Montijo, désireuse de promouvoir les intérêts catholiques.

Napoléon III et le gouvernement anglais de la reine Victoria font cause commune avec le sultan. C'est la première fois depuis... le couronnement d'Aliénor d'Aquitaine et Henri II Plantagenêt, 700 ans plus tôt, que les deux nations s'apprêtent à combattre ensemble !!! Invoquant la préservation de l'empire ottoman, les deux alliés envoient leur flotte dans la mer Noire.

Le siège de Sébastopol

Sous le commandement respectif des généraux Saint-Arnaud et lord Raglan, Français et Anglais débarquent à Eupatoria, dans la presqu'île de Crimée, le 14 septembre 1854.

Ils remportent une victoire sur les bords du fleuve Alma avant de mettre le siège devant Sébastopol, puissante forteresse russe, le 26 septembre 1854. Saint-Arnaud, victime du choléra, comme le seront beaucoup de ses soldats, est remplacé par Canrobert à la tête des troupes françaises.

Bientôt rejoints par des soldats du royaume de Piémont-Sardaigne, les assiégeants, au nombre de 185.000, découvrent la dureté de l'hiver russe et doivent mener une éprouvante guerre de tranchées autour de la citadelle, remarquablement défendue par le colonel russe Franz Todleben.

La campagne donne lieu à d'héroïques mais dérisoires opérations comme la charge de la Brigade légère de Lord Cardigan. L'hiver se fait meurtrier pour les troupes, victimes du froid, du choléra et du typhus plus encore que des combats. Une Britannique de 34 ans, Florence Nightingale, émue par l'abandon des malades, organise avec talent des hôpitaux de campagne. Son talent et son dévouement font la Une des journaux anglais.

Mais à Londres et Paris, l'opinion s'exacerbe devant l'enlisement du conflit. Un consommateur parisien est interpellé pour avoir lancé dans un café : «C'est ici comme à Sébastopol, on ne peut rien prendre !». Enfin, les zouaves du général de Mac-Mahon s'emparent du fort Malakoff, qui domine la citadelle de Sébastopol.

La chute de Malakoff décide du sort de Sébastopol. Les Russes se retirent de la citadelle deux jours plus tard, après l'avoir proprement incendiée.

Napoléon III exulte

Quelques mois plus tard, le tsar demande la paix. Le traité de Paris, le 30 mars 1856, hisse Napoléon III au pinacle, quatre ans à peine après son avènement. Le bonheur de l'empereur est à son comble avec la naissance de son fils Eugène Louis Napoléon, le 16 mars 1856, pendant le congrès !

L'influence française sort renforcée en Orient et Napoléon III intervient en faveur de l'union personnelle des deux principautés de Valachie et Moldavie, dans l'empire ottoman, d'où sortira le futur royaume de Roumanie.

Mais la Russie, humiliée, prend conscience de sa faiblesse et reproche durablement à son ex-allié autrichien de ne pas l'avoir soutenue. Le nouveau tsar, Alexandre II, entreprend de vastes réformes. L'Angleterre, quant à elle, déçue par son alliance avec la France, après... sept siècles de conflits quasi-ininterrompus, se retirera dans un «splendide isolement» jusqu'à la fin du siècle. -

> Lire l'article dans son environnement original

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by LePontissalien - dans GUERRE
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : French Influence
  • : Cher visiteur (é)perdu, bienvenue sur le blog de French Influence. Il est question ici de la France et de son rapport au monde. Il est question de la France, pour l'amour du pays, par les yeux du monde
  • Contact