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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 19:52

histoire-de-l-art--Ernest-Gombrich-.jpgErnst Hans Gombrich

Broché: 688 pages

Editeur : Phaidon; Édition : 16e éd (26 juin 2001)

Collection : Beaux-Arts

Langue : Français

ISBN-10: 0714892076

ISBN-13: 978-0714892078

 

  

 

 


 

Quatrième de couverture
Histoire de l'art de E.H. Gombrich est l'un des ouvrages sur l'art les plus célèbres et les plus populaires jamais publiés. Depuis quarante-cinq ans, il demeure une introduction inégalée à l'ensemble du sujet, des premières peintures rupestres à l'art d'aujourd'hui. Dans le monde entier, les lecteurs de tous âges et de tous milieux ont trouvé en Gombrich un véritable maître, qui allie la connaissance et la sagesse à un don unique pour communiquer directement sa profonde affection pour les oeuvres qu'il décrit. Cette Histoire de l'art doit sa popularité durable au style simple et direct de l'auteur. Son but, écrit-il, est "d'apporter un certain ordre, une certaine clarté dans l'abondance de noms propres, de dates, de styles qui compliquent quelque peu les ouvrages plus spécialisés". Grâce à son intelligence de la psychologie des arts visuels, il nous fait percevoir l'histoire de l'art comme "un enchaînement ininterrompu de traditions encore Vibrantes" qui "relie l'art de notre temps à celui de l'âge des pyramides". Le succès toujours grandissant de ce classique va se confirmer auprès des générations futures, avec cette seizième édition, révisée et présentée dans un nouveau format 

 

EXTRAITS

Chapitre 9 – L’église militante, le XIIe siècle (p. 171 et suiv.)

Les dates sont des points de repère indispensables dans le déroulement de l’Histoire, et, comme la date de 1066 est bien connue de tout le monde, nous allons la choisir comme point de départ. Il ne reste, en Angleterre, aucun édifice entier datant de la période saxonne et très peu d’églises antérieures à 1066 subsistent sur le continent. Pourtant, les Normands qui débarquèrent en Angleterre apportaient avec eux un style de construction très évolué qui s’était récemment formé en Normandie et ailleurs. Les nouveaux maîtres de l’Angleterre, seigneurs laïcs et ecclésiastiques, affirmèrent bientôt leur puissance en faisant construire des abbayes et des églises. Le style de ces constructions est connu en Angleterre sous le nom de style normand et, sur le continent, sous le nom de style roman. Il a fleuri pendant plus d’un siècle à dater de l’invasion normande.

[…]

C’est en France que l’on commença à décorer de sculptures les églises romanes. En fait, le mot « décorer » est sujet à nous égarer. Tout ce qui faisait partie de l’église avait sa fonction définie et devait surtout exprimer une idée précise en rapport avec l’enseignement de l’église.

Chapitre 10 – L’église triomphante, XIIIe siècle (p. 186 – 198)

Nous venons de noter certaines analogies entre l’art de l’époque romane d’une part, l’art de Byzance et même celui de l’Orient antique, d’autre part. Mais quelque chose différencie profondément l’art de l’Europe occidentale de l’art de l’Orient. Là-bas, les styles pouvaient durer des milliers d’années sans que rien fît prévoir un changement. L’Occident n’a jamais connu une telle permanence. Il a toujours été inquiet, sans cesse à la recherche de nouvelles idées, de nouvelles solutions. Le style roman ne survécut même pas au XIIe siècle. A peine les architectes eurent-ils réussi à voûter leurs églises, à peine eurent-ils inventé une manière grande et neuve de disposer l’ornement sculpté, que des recherches nouvelles vinrent donner à toutes ces églises normandes et romanes quelque chose d’archaïque et de démodé. L’idée prit naissance dans le nord de la France : il s’agit du principe du style gothique. A première vue, il semble que ce soit une simple innovation technique, mais par ses conséquences, c’est bien davantage. Il s’agit de la découverte faite par les architectes que le principe consistant à vouter une église en employant des arcs croisés en diagonale pouvait être appliqué beaucoup plus systématiquement et à beaucoup plus grande échelle que les Normands ne l’avaient imaginé. Si vraiment les piliers suffisaient à porter les nervures de la voûte, et si les pierres qui formaient les voûtins triangulaires n’étaient que du remplissage, alors il n’était plus besoin de murs massifs entre lesdits piliers. C’était la possibilité d’élever une espèce d’armature de pierre capable de maintenir tout l’édifice. Il n’y fallait que de minces piliers et d’étroites nervures. On pouvait évider les intervalles sans compromettre la solidité de l’armature. Plus besoin de lourds murs de pierre ; on pouvait les remplacer par d’amples fenêtres. On pourrait presque dire que les architectes tendirent à construire leurs églises comme nous construisons nos serres. Mais ils n’avaient ni cadres d’acier ni arcs métalliques ; c’est en pierre qu’ils devaient combiner ces éléments et il fallait des calculs précis. Pourvu que les calculs fussent justes, il devenait possible de construire une église d’un type tout à fait nouveau : un édifice de pierre et de verre comme le monde n’en avait jamais connu. C’est là l’idée directrice des cathédrales gothiques, idée qui porta ses fruits dans le nord de la France, au cours de la seconde moitié du XIIe siècle.

[…]

La plupart des grandes cathédrales (églises épiscopales : cathedra = trône épiscopale) de la fin du XIIe et du début du XIIIe siècle ont été conçues à une échelle si audacieuse et si magnifique que bien peu, si même il en est,  ont été achevées selon les plans primitifs. Malgré cela, et malgré toutes les altérations qu’elles ont subies au cours des temps, c’est une chose extraordinaire que de traverser leurs nefs immenses dont les proportions rendent minuscule la stature humaine. Il est difficile d’imaginer l’impression qu’ont dû faire ces monuments sur des gens qui ne connaissaient que les farouches et lourds édifices romans. Ces dernières églises, si robustes, si massives, pouvaient bien exprimer quelque chose de l’Eglise militante qui offre un refuge contre les assauts du démon. Les nouvelles cathédrales ouvraient au croyant un tout autre monde. […]

Même vues de loin, ces merveilleuses cathédrales semblent proclamer les gloires célestes. La façade de Notre-Dame de Paris est peut-être la plus parfaite de toutes. L’agencement des porches et des fenêtres est si clair et si léger, le décor de la galerie est si gracieux et si aérien, que nous en oublions le poids de cette masse de pierre et que l’ensemble paraît surgir devant nous comme une vision.

[…]

La cathédrale de Chartres, dans sa plus grande partie, appartient à la fin du XIIe siècle. A partir de 1200, quantités de nouvelles et magnifiques cathédrales s’édifièrent en France et dans les pays voisins, Angleterre, Espagne et Allemagne rhénane. Beaucoup d’artistes travaillant sur ces nouveaux chantiers avaient appris leur métier en collaborant à la construction des premiers de ces grands édifices, mais chacun s’efforçait d’ajouter quelque chose aux conquêtes de ses aînés.

[…]

Au cours du XIIIe siècle, époque des grandes cathédrales, la France était le pays le plus riche et le puissant de l’Europe. L’université de Paris était le centre intellectuel du monde occidental. La conception et les méthodes des grands bâtisseurs de cathédrales françaises, si largement imitées en Allemagne et en Angleterre, ne trouvèrent d’abord que peu d’écho en Italie. Ce n’est qu’au cours de la seconde moitié du XIIe siècle qu’un sculpteur italien se mit, suivant l’exemple des maîtres français, à étudier la sculpture antique pour représenter la nature avec plus de vérité.

 

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