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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 17:11

la pierre de rosetteDe la rencontre de la fameuse stèle et d’un jeune surdoué, Jean-François Champollion, naîtra une science nouvelle : l’égyptologie.

 

 

 

   

 

 

 

 

 

La pierre de Rosette exposée au British Museum

   


 

Découverte en juillet 1799 lors de l’expédition de Bonaparte en égypte, la pierre de Rosette est un desla pierre de rosette - Didier Devauchelle (recto) documents qui permit à Jean-François Champollion (1790-1832) de percer le mystère de l’écriture des anciens égyptiens. Le texte gravé sur cette pierre de granit est un des décrets les plus célèbres de l’époque, celui de Memphis, daté du 27 mars 196 av. J.-C. Didier Devauchelle, égyptologue, nous livre ici une nouvelle traduction de ce texte qui diffère sensiblement des précédentes et qui permet de jeter un regard nouveau sur la pierre de Rosette, objet-symbole s’il en est. Accompagné d’illustrations de l’époque de la découverte de la pierre, ce livre reproduit également de nombreux détails de la célèbre réalisation de Joseph Kosuth, place des écritures, à Figeac, réalisée en 1990 pour célébrer l’anniversaire de la naissance du célèbre déchiffreur.

Première impression : juillet 2003

  

  

  

       

 


 

Contexte historique avec le site Hérodote.net   (article de Fabienne Manière)

En 1798, les savants conduits en Égypte par Bonaparte avaient découvert à Rosette, dans le delta du Nil, une pierre en basalte noir d'un mètre de longueur, avec un texte qui rapporte une déclaration des prêtres de Memphis du temps d'un pharaon de l'époque hellénistique, Ptolémée V.

Ce texte a l'intérêt d'être rédigé en trois versions :
– la première en hiéroglyphes, l'écriture sacrée des premiers pharaons,
– la deuxième en démotique, une écriture égyptienne tardive datant du 1er millénaire avant JC,
– la troisième en grec ancien.

La pierre est très vite dérobée aux Français par les Anglais de l'amiral Nelson (elle figure en bonne place au British Museum). Mais elle excite la curiosité des savants dont le jeune Champollion et un physicien anglais Thomas Young, de quinze ans son aîné, qui veut aussi découvrir le secret des hiéroglyphes.

Thomas Young déchiffre la version démotique de la pierre de Rosette et découvre que les cartouches en hiéroglyphes contiennent les noms de pharaons. Champollion arrive à se procurer une reproduction de la pierre de Rosette et peut lui aussi comparer les trois versions du texte (la version grecque étant aisée à lire pour lui ).

Jean-François va plus loin que son rival britannique grâce à sa familiarité avec la culture pharaonique et à sa maîtrise de la langue copte, assez proche, paraît-il, de celle des anciens Égyptiens. Il observe ainsi que le texte hiéroglyphique de Rosette contient trois fois plus de signes que le texte grec ne compte de mots. Il en déduit que les hiéroglyphes (on en recense environ 5.000) ne sont pas seulement des idéogrammes, contrairement aux préjugés ambiants. Ils peuvent aussi dans un même texte servir de signe phonétique comme nos lettres de l'alphabet.

En appliquant son intuition à une transcription extraite d'un temple, il repère le nom de Cléopâtre. Le 22 septembre 1822, ayant reçu des dessins d'un archéologue, il obtient confirmation de la justesse de sa découverte en reconnaissant les noms de Ramsès et Thoutmosis. «Je tiens mon affaire !» se serait-il alors exclamé.

L'émotion et le surmenage le font alors sombrer dans un état d'inconscience. C'est seulement cinq jours plus tard qu'il est en état de révéler sa découverte. Le duc de Blacas s'intéresse au savant et le fait connaître au vieux roi Louis XVIII. Il lui permet aussi de visiter les collections égyptiennes de Turin et, enfin, de parcourir le pays de ses rêves, l'Égypte.

Jean-François Champollion meurt à 42 ans, le 4 mars 1832, au milieu des honneurs, sans avoir eu le temps d'achever sa Grammaire égyptienne et son Dictionnaire égyptien. Mais son parcours exceptionnel va inspirer de nombreuses vocations d'égyptologues en France.

 Le plus célèbre est Auguste Mariette, qui découvre au milieu du siècle la fameuse statuette du scribe accroupi, aujourd'hui au Louvre, et met au jour l'allée des sphinx de Memphis.

Il crée aussi le musée du Caire.

Un siècle plus tard, la fabuleuse découverte de la tombe de Toutânkhamon complète notre connaissance de la civilisation égyptienne, la première et l'une des plus belles qui furent jamais.

 

Fabienne Manière

 


 

 

Célébrations nationales 1999 1999

La découverte de la Pierre de Rosette
19 juillet 1799

 

 

Dans la geste de l'Expédition d'Égypte (mai 1798 à octobre 1801), parmi de nombreux acquis d'ordre scientifique consignés en particulier dans la célèbre Description de l'Égypte se distingue la découverte de la Pierre de Rosette — document fameux qui ouvrit la voie au déchiffrement des hiéroglyphes.

En juillet 1799, se poursuivaient des travaux de terrassement dans une ancienne forteresse turque édifiée à l'embouchure de la branche occidentale du Nil, non loin de la bourgade de Rachid (que nous francisons en Rosette) : une flotte anglo-turque venait de débarquer sur la plage voisine d'Aboukir une armée qu'une charge de Murat devait bientôt mettre en déroute.Les travaux étaient dirigés par un jeune officier du génie, qui avait juste passé, en Égypte même, son examen de sortie de l'École polytechnique : Pierre-François-Xavier Bouchard. Soudain son attention fut attirée par un bloc de pierre noire, haut de près d'un mètre, écorné à sa partie supérieure et sur le côté : il portait des inscriptions en trois sortes de caractères : en haut des hiéroglyphes finement ciselés, au centre 32 lignes d'une graphie cursive, en bas 54 lignes d'un texte en grec.

L'ingénieur des Ponts et Chaussées M.A. Lancret, en mission dans le Delta, adressa à ses collègues de l'Institut d'Égypte un rapport qui fut communiqué à la 31e session du 29 juillet. Le 29 fructidor an VII (15 septembre 1799), on peut lire dans le n° 37 du Courier (sic) d'Égypte : "Cette pierre offre une grand intérêt pour l'étude des caractères hiéroglyphiques ; peut-être en donnera-t-elle la clef."

Aussitôt l'orientaliste Joseph Marcel, directeur de l'imprimerie, en appliquant sa méthode de l'autographie put obtenir une reproduction du texte que le général Dugua, rentrant en France en mars 1800, communiqua à l'Institut de France ; à la fin d'octobre, Bonaparte lui-même range parmi les gains majeurs de l'Expédition les fouilles d'Alexandrie, l'étude du percement de l'Isthme de Suez et la découverte de la Pierre de Rosette.

De leur côté, d'autres méthodes de reproduction avaient été mises au point par Nicolas Conté, qui traita l'inscription comme une sorte de cuivre gravé, et par Adrien Raffeneau-Delille, qui réalisa un moulage à base de soufre.Si l'Expédition recueillit d'autres documents comparables, à la fois en égyptien et en grec (à Menouf, puis au Caire même, formant le seuil de la mosquée de l'émir Khour), ce fut la Pierre de Rosette, le mieux conservé, qui connut la célébrité. Lors de la capitulation de 1801, alors que les savants français rencontraient tant de difficultés pour conserver leurs notes et papiers personnels, les Anglais, vainqueurs, exigèrent la livraison des monuments antiques.

Le texte grec fut vite traduit : c'était le décret d'un synode de prêtres égyptiens, réuni en 192 av. J.-C., instituant un culte en l'honneur de Ptolémée Épiphane ; il indiquait que le texte serait aussi affiché en langue indigène — il s'agissait bien d'un bilingue. Aussitôt la sagacité des savants s'attaqua à la partie médiane, en démotique ; 1802 vit paraître deux études, l'une du célèbre Silvestre de Sacy, l'autre d'un diplomate suédois, J.-D. Akerblad ; à quelques intuitions justes se mêlaient des erreurs sans qu'on pût discerner le vrai du faux ; à partir de 1814, l'illustre physicien anglais Thomas Young s'attaqua avec ardeur — et parfois succès — aux deux versions démotique et hiéroglyphique.

Il était réservé cependant à Jean-François Champollion de résoudre l'énigme des hiéroglyphes : enfant prodige maîtrisant toutes les langues anciennes et orientales, adolescent enthousiaste qui réalisa vite que le copte lui montrerait les chemins vers l'Égypte pharaonique, travailleur acharné jusqu'à l'obsession, joignant à l'étude de la Pierre de Rosette celle de tous les documents à sa disposition, en particulier des inscriptions nouvellement découvertes en Nubie, il identifia les noms de Thoutmosis, Ramsès et analysa les cartouches des Pharaons macédoniens et romains. s : avec deux obélisques, des sarcophages, le poing colossal de Ramsès II, la Pierre de Rosette fut considérée comme prise de guerre ; aussi est-elle aujourd'hui un des joyaux du British Museum, à Londres, où jamais ne se rendit Champollion.

À la fin de septembre 1822, par sa Lettre à M. Dacier, secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, il offrit la lecture des hiéroglyphes phonétiques ; en 1824, dans son Précis du système hiéroglyphique, il donnera la définition la meilleure "d'un système complexe, d'une écriture tout à la fois figurative, symbolique et phonétique dans un même texte, une même phrase, je dirai jusque dans le même mot".Désormais plus de trois millénaires s'ajoutaient à l'histoire de l'humanité, ceux d'un passé parmi les plus glorieux, aux admirables monuments d'éternité.

Jean Leclant
secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et Belles-lettres

 

 


 

Pour en savoir plus


Une exposition en ligne du Musée canadien des civilisations

Le Musée Champollion : Les écritures du monde de la Ville de Figeac :

Un article du British Museum (en français curieusement)

 

 

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