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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 19:21

source : http://www.cnrs.fr

 

 


 


Les Frères Auguste
et Louis Lumière au tricot
Autochrome, 1909


La presse à autochromes


Exemple d'autochrome avec
visualisation des fécules teintées


Effet de la lamination
sur les fécules

De la pomme de terre pour faire des photographies en couleurs ? Encore, aujourd’hui, à l’heure du tout numérique, la proposition paraît aussi saugrenue que surréaliste. C’est pourtant ainsi que les frères Lumière, non contents d’avoir inventé le fameux cinématographe, ont réussi le tour de force d’industrialiser la photographie en couleurs aux premières lueurs du XXe siècle : les autochromes.

C’est le 17 décembre 1903, à Lyon, que les frères Lumière déposèrent leur premier brevet de photographie en couleurs. Il leur faudra néanmoins près de 4 ans de tâtonnements et d’essais infructueux pour passer au stade de la commercialisation en 1907.

Grâce à la presse à autochromes, ils furent capables de produire jusqu’à 6000 plaques par jour juste avant la guerre de 14-18. Le procédé restera le seul moyen jusqu’aux années 30 de fixer sur une image photographique la douceur bleutée d’un ciel ou le visage empourpré d’une jeune fille.

7 tonnes par cm2 !


La fabrication des autochromes était à la fois simple et complexe. Simple dans son principe (encore fallait-il l’inventer) et complexe car elle nécessitait des réglages fins. Le principe consistait à utiliser un filtre formé de grains microscopiques de fécule de pomme de terre, (environ 7000 au millimètre carré), colorés en rouge-orangé, vert et bleu-violet. Ce mélange était étendu sur une plaque de verre, protégé par un vernis poisseux.

Les interstices entre les fécules étaient bouchés avec du charbon de bois pulvérisé. L’ensemble était alors laminé sur ladite presse, avec une pression de 7 tonnes par centimètre carré, afin d’uniformiser la couche et augmenter sa transparence à la lumière.

La mosaïque de sélection trichrome ainsi obtenue était alors recouverte d'un vernis imperméable, lui-même recouvert d'une mince émulsion noir et blanc panchromatique au gélatino-bromure d'argent.

La plaque ainsi obtenue pouvait être utilisée dans n'importe quelle chambre photographique. L'exposition se faisait à l'envers, la lumière passant à travers la plaque de verre, traversant la fécule comme un filtre pour venir enfin insoler l'émulsion photosensible. Lorsque la plaque était développée et inversée en positif, le cliché pouvait être admiré directement par transparence, ou projeté comme on le fait avec une diapositive.

Ce nouvel art du réel, à mi-chemin entre la peinture et la photographie moderne, va enthousiasmer le monde artistique des années 20. Dignes héritiers du pointillisme et de l’impressionnisme, les autochromes ouvrent grandes les portes de la révolution de l’image qui va marquer le XXe siècle.
 


 

     
 
© CNRS
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Published by LePontissalien - dans SAVANTS ET HOMMES DE SCIENCE
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