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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 22:23

cairn.info (portail revues sciences sociales et humaines)Jérôme Blanc

Maître de conférences à l’Université Lumière Lyon 2. Rattaché au Centre Auguste et Léon Walras / LEFI, Institut des sciences de l’homme, 14, avenue Berthelot, 69007 Lyon

 

  

 

Jérôme Blanc « Les monnaies de la république. Un retour sur les idées monétaires de Jean Bodin », Cahiers d'économie politique 1/2006 (n° 50), p. 165-189.
http://www.cairn.info/revue-cahiers-d-economie-politique-2006-1-page-165.htm

Cahiers d'économie politique 2006/1

 

Cahiers d'économie politique
2006/1 (n° 50)
244 pages

 

 


Résumé

Les écrits monétaires de Bodin portent principalement sur le rapport des monnaies à la souveraineté. Bodin cherche à concevoir un système de monnaies à l’épreuve des contrefaçons, altérations et dégradations. Après avoir exposé sa conception de la monnaie et de la fausse monnaie, on expose la façon dont Bodin cherche à contraindre l’exercice de la souveraineté monétaire : en soumettant la manipulation des monnaies non à la loi mais au contrat, en construisant un système de monnaies idéal et en définitive en définissant une contrainte internationale. La souveraineté monétaire, absolue dans son principe, apparaît ainsi contrainte dans son exercice.

 

 

Introduction

Jean Bodin est surtout reconnu en économie pour avoir jeté les bases d’une relation entre l’offre de monnaie et le niveau des prix, lors de la célèbre controverse née de la publication des Paradoxes de Malestroit en 1566. Son analyse de la monnaie ne se limite cependant pas à cette question qui a pris une importance démesurée au point d’effacer le reste de ses réflexions économiques. Pour Bodin, la monnaie relève en effet de la problématique de la souveraineté, qui constitue la pierre angulaire de son œuvre. A ce titre, elle retient l’attention d’un chapitre entier des Six livres de la République (le chapitre 3 du sixième livre), chapitre repris dans sa totalité lorsque Bodin révise sa Réponse aux Paradoxes de Malestroit. L’analyse monétaire de Bodin constitue donc, à part entière, un élément de l’élaboration théorique de la puissance souveraine que représentent les Six livres de la République.

Les idées présentes dans la Réponse (1568), la République (1576), et le Discours (1578) ne prennent pourtant ni la forme, ni la profondeur d’un traité des monnaies. Le domaine de prédilection de Bodin est en effet le droit, pas la monnaie, et ses considérations dans ce domaine n’ont pas de fin théorique mais bien pratique. Ces considérations sont celles d’un analyste à l’intelligence perçante qui parvient à mettre en forme de façon cohérente la masse d’informations qui lui parvient, et qui, par ailleurs, évite certains écueils présents dans l’ensemble de son œuvre puisque, hormis au sujet de l’usure, on ne peut trouver de trace dans son analyse monétaire de l’obscurantisme dont il fait parfois preuve. Dans ce cadre, dépendant du contenu théorique de la République et de l’environnement historique de l’auteur, l’analyse monétaire de Bodin consiste en une série de conseils de bon gouvernement des monnaies. Or ces conseils ne portent pas sur la question de l’abondance des métaux précieux, à laquelle il ne donne ni même ne cherche de solution. Ce qui intéresse le plus Bodin en matière monétaire est en effet la question de la fausse monnaie. La raison en est simple, cohérente, logique : contrairement au problème de l’abondance des métaux précieux, celui de la fausse monnaie met en cause ce qui constitue l’élément clé d’une bonne partie de son œuvre, c’est-à-dire la souveraineté.

Ces conseils doivent guider l’élaboration d’un nouveau système de monnaies, dont la finalité est d’annihiler la possibilité même du faux-monnayage. Ce système idéal est le résultat de forts prémices, d’une logique des idées parfois implicite dont la mise en lumière constitue l’objet de ce texte.

Le cœur du discours de Bodin se situe dans la problématique, courante à l’époque, de la fausse monnaie, et dont il faut lever les ambiguïtés pour mieux saisir la conception implicite de la monnaie qu’elle suppose (I). L’objectif de Bodin est d’annihiler le faux-monnayage. Il s’engage sur cette voie en formalisant le domaine monétaire avec les notions de loi et de contrat, et tente ainsi de montrer la nécessité pour le souverain d’être juste en la matière (II). C’est de cette justice qu’il fait dépendre la pérennité de la foi publique, elle-même condition de pérennité de la république. Mais en dernier recours, ne pouvant trouver à l’intérieur de sa construction théorique de la république les ressources contraignant le souverain à la vertu, Bodin est conduit à trouver cette contrainte dans le pouvoir des autres souverains (III). Au-delà de la question monétaire, il ressort une idée puissante qui relativise l’absolutisme de principe dont on caractérise souvent Bodin : celui-ci cherche, sans cesse, à limiter très concrètement l’exercice du pouvoir du souverain en l’enracinant dans le quotidien

 


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Published by LePontissalien - dans ECONOMIE
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