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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 22:53

source : http://www.amtuir.org  - AMTUIR - Musée des Transports Urbains

 

Les carrosses à cinq sols de Blaise Pascal

En 1662, Blaise Pascal invente les transports en commun urbains. Il obtient de Louis XIV le privilège de fonder une entreprise de carrosses publics pour l'exploitaton de cinq "routes" (lignes). Quatre d'entre elles passent ou ont leur terminus au Luxembourg, l'une d'elles est circulaire et dite du "tour de Paris".
Il est stipulé que :

  • les voitures feront toujours le même trajet d'un point à un autre;
  • les départs auront lieu à "heures réglées", quelle que soit l'occupation des voitures, même si elles sont vides ;
  • chaque occupant ne paiera que sa place, soit cinq "sols marquez", quelle que soit l'occupation des voitures ;
  • la route du tour de Paris sera divisée en "bureaux", le tarif de cinq sols ne donnant droit qu'au franchissement d'un bureau. Au delà, il faut repayer cinq sols ;
  • l'on n'acceptera pas d'or en paiement, pour éviter les manipulations et pertes de temps au change.

Tout ce qui caractérise le transport en commun urbain moderne est contenu dans l'entreprise de Pascal :

  • itinéraires fixes ;
  • horaires fixes, fréquences (les carrosses partent tous les demi quart d'heure de leur terminus) ;
  • tarif modique par place occupée ;
  • sectionnement tarifaire sur la ligne du tour de Paris ;
  • obligation à l'usager de faire l'appoint.

Les Carrosses à cinq sols connurent un grand succès initial. Mais, alors que les lettres patentes de Louis XIV ne comportaient aucune restriction d'accès quant à la qualité des usagers, le Parlement de Paris, dont les membres, robins anoblis, tenaient à marquer leurs privilèges, n'accepta d'enregistrer ces lettres qu'en interdisant l'accès des carrosses à cinq sols aux "soldats, pages, laquais et autres gens de bras". C'était priver le service d'une part importante de sa clientèle et le rendre impopulaire. Après l'engouement initial, la clientèle se raréfie et l'entreprise se trouve en difficulté : le tarif est relevé de cinq à six sols, achevant de rendre les carrosses publics impopulaires. Ils disparaissent vers 1677.

Il fallut attendre un siècle et demi avant que ne réapparaissent, fortuitement, les transports en commun urbains.

 

Stanislas Baudry et les omnibus de Nantes en 1825

Après la Restauration, Stanislas Baudry, colonel d'Empire en demi-solde à Nantes, met en service une minoterie à vapeur à Richebourg, dans les faubourgs de Nantes. Il a l'idée d'utiliser l'eau chaude, sous-produit de sa minoterie, pour créer et ouvrir des bains-douches publics. Mais aucun client ne se présente. Baudry pense que son établissement de bains est trop éloigné du centre. Il met à la disposition des Nantais un moyen de transport pour venir à Richebourg. Il établit donc une navette avec une voiture à cheval.

Le succès est immédiat mais pas là où il était attendu : si les voitures sont pleines au départ de Nantes, les bains-douches restent vides. Les Nantais utilisaient ces voitures pour se déplacer... Sans hésiter, Baudry ferme ses bains et sa minoterie et crée un réseau d'omnibus à Nantes.

L'appellation "OMNIBUS" provient de ce que les voitures de Baudry stationnaient à Nantes devant la boutique d'un chapelier nommé OMNES qui, jouant sur la latinité de son patronyme, avait une enseigne "OMNES OMNIBUS" (littèralement : "Omnes, pour tous). Les usagers des voitures prirent l'habitude de dire qu'ils prenaient l'omnibus. C'est ainsi que ces voitures "pour tous" devinrent des omnibus.

 

Le développement des omnibus à chevaux

En 1828, Stanislas Baudry se rend à Paris où il crée l'Entreprise Générale des Omnibus. Cette nouvelle compagnie exploite un réseau de dix lignes d'omnibus avec succès : on estime à 2.530.624, le nombre de voyageurs transportés entre le 11 avril et le 15 septembre 1828.

C'est l'époque où, révélé par l'expérience nantaise, le besoin de transports urbains connait une explosion sans précédent avec les migrations paysannes vers la ville. Des entrepreneurs profitant d'une économie basée sur le libéralisme et la libre entreprise, créent des sociétés d'omnibus qui se font une concurrence acharnée sur les lignes des centres urbains les plus rentables et au délaissement de la desserte des faubourgs. En 1836, on dénombre à Paris 17 compagnies et 378 voitures.

Après l'avénement du Second Empire, la situation devenant ingérable, le Baron Haussman, Préfet de La Seine, décide de la fusion des entreprises, qui est effective en 1855. Le monopole des transports par omnibus dans Paris intra-muros est confié à la Compagnie Générale des Omnibus (CGO) pour une durée de trente ans. Aristide Moreau-Chaslon en devient le premier président. Ce monopole permet enfin une organisation rationnelle sur la base d'un cahier des charges établi par la ville.

En 1856, la CGO organise un réseau cohérent de 25 lignes. Elle est à la tête de 503 omnibus et 6.700 chevaux en 1860.

L'histoire des transports dans les villes de Province est semblable à celle de Paris, avec l'apparition des omnibus au Havre (1832), à Lyon (1837), Marseille (vers 1840), Bordeaux (854), Toulouse (1863, etc ...

L'omnibus type de cette époque est une voiture àimpériale, sans plate-forme avec un accès malcommode à l'impériale à l'aide d'échelons fixés sur la paroi arrière. UN effort de modernisation apparaît à Paris en 1878, avec l'apparition d'un escalier hélicoïdal reposant sur une petite plate-forme arrière. En province, un carrosier marseillais, Ripert, invente une voiture, dérivée des tramways à chevaux, sans impériale, avec deux plates-formes extrêmes et roues de faibles rayons intérieures à la caisse. Le succès de ce modèle dit "car Ripert" fut considérable en dans les villes de province.

Pour diverses raisons, dont les réticences de la ville de Paris au développement des tramways et les querelles entre la CGO concessionnaire et la ville, la CGO exploitera longtemps des omnibus hippomobiles, malgré leur faible productivité et les coûts d'entretien de la cavalerie. La CGO met en service en 1878 de lourdes voitures de 40 places à trois chevaux, puis en 1889 un type de voiture moins lourd, offrant 30 places et tirée par deux chevaux.

 

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